Au moindre soupçon de corruption, la justice brésilienne semble pouvoir ne donner aucune chance à un candidat pour venir occuper de hautes fonctions politiques. Le vice-président de Lula, appelé à inverser les rôles, pour devenir le candidat à la présidence du parti des travailleurs, est également accusé de corruption


Sao Paulo, mercredi 5 septembre 2018 ((rezonodwes.com))–Avec l’accusation de corruption portée contre son candidat à la vice-présidence, Fernando Haddad, le parti brésilien des travailleurs, jadis puissant, vient de subir un nouveau coup.

Dans l’acte d’accusation, un procureur de São Paulo a allégué que le PT avait accepté, au nom de M. Haddad, un paiement de R$2,6 millions pour couvrir une dette accumulée lors de sa campagne pour la mairie de São Paulo en 2012. Selon le bureau du procureur, « il y avait un système de paiements et de transferts d’argent mis en place pour dissimuler l’origine de ce montant« .

« Cela ne fera pas reculer la candidature de M. Haddad, mais bien au contraire lui fournira plus de munitions pour mener campagne contre ses ennemis« , a déclaré Thiago de Aragão, directeur d’Arko Advice, un cabinet de consultant en politique.


Haddad, l’ancien maire de São Paulo, devrait bientôt remplacer l’ancien président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva en tant que candidat du PT aux élections d’octobre, après qu’un juge, la semaine dernière, a interdit à M. Lula da Silva, emprisonné pour corruption, de se présenter.

Selon la presse de Sao Paulo, les accusations portées contre M. Haddad, dont il a personnellement démenti, devraient susciter une colère et une incertitude supplémentaires sur l’issue du scrutin s’avérant être l’un des plus imprévisibles et les plus polarisants au Brésil, depuis l’incarcération de Lula.


Les analystes s’attendent à ce que M. Lula da Silva puisse transférer une partie de ses votes à M. Haddad, actuellement candidat à la vice-présidence.