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L’Arabie Saoudite a connu samedi soir une purge sans précédent, menant à l’arrestation de plusieurs princes, ministres anciens et actuels. L’homme d’affaires Alwalid ben Talal fait partie des personnes concernées par cette purge.

C’est un spectaculaire coup de filet qu’ont effectué les autorités saoudiennes. Onze princes, plusieurs dizaines d’anciens membres du gouvernement et quatre ministres en exercice ont été arrêtés samedi 4 novembre. C’est la chaîne Al-Arabiya (à capitaux saoudiens) qui a révélé l’information, sans citer ses sources.

Parmi les personnes arrêtées figurerait aussi le prince Alwalid ben Talal, le richissime homme d’affaires et principal actionnaire de la société d’investissement Kingdom Holding – et par ailleurs neveu du roi Salman. Le cours de la société chutait de près de 10 % ce matin, à l’ouverture de la Bourse de Ryiad.

L’arrestation du prince milliardaire, dont la fortune est estimée à 19 milliards de dollars selon Bloomberg, pourrait avoir de sérieuses conséquences dans le monde des affaires. Le groupe Kingdom Holding détient en effet des participations dans un très grand nombre de multinationales.

Il est notamment actionnaire de longue date de la banque américaine Citi. Il possède par ailleurs des participations importantes dans des multinationales américaines comme Apple, Ebay et Twitter, et détient aussi des parts du champion du e-commerce chinois JD. com. C’est également un investisseur important de la chaîne d’hôtels Four Seasons et le groupe AccorHotels. A Paris, il est propriétaire depuis vingt ans du célèbre palace George V, situé à deux pas des Champs Elysées.

Le prince Alwalid venait en outre de racheter  la moitié de la participation de Crédit Agricole (16,2 %) dans la banque saoudienne Sausi Fransi, qui est sous le coup d’une enquête du ministère de l’intérieur du pays.

Ces arrestations et limogeages sont intervenus quelques heures après la création, par décret royal, d’une commission anticorruption dirigée par le prince héritier et homme fort du royaume ultra-conservateur, Mohammed ben Salmane, âgé de 32 ans et surnomé MBS.

L’agence de presse officielle saoudienne SPA a indiqué que le but de la commission était de « préserver l’argent public, punir les personnes corrompues et ceux qui profitent de leur position ».

Le procureur général d’Arabie saoudite a promis ce dimanche une ferme application de la loi. « Les suspects se voient accorder les mêmes droits et le même traitement que n’importe quel autre citoyen », a déclaré le Cheikh Saoud Al Mojeb, qui fait lui-même partie de la nouvelle commission anti-corruption, créée samedi.