Mardi 3 juillet 2018 ((rezonodwes.com))– Malgré les multiples interventions des autorités monétaires sur le marché des changes et l’arrêté relatif à la dédollarisation, la Gourde ne cesse de se déprécier par rapport au dollar américain.


La Gourde a déjà atteint la barre des 70 Gourdes pour un dollar soit une croissance de plus de 10% en seulement 6 mois malgré l’augmentation du nombre des arrivées de voyageurs de la diaspora en début d’été. Une situation qui ne rassure pas les agents économiques et affecte directement les prix dans l’économie qui est tributaire majoritairement de produits importés.

Qui pis est, ce développement devra coïncider avec l’ajustement du prix du carburant à la pompe annoncé depuis quelques semaines par le gouvernement. Un ajustement qui est en partie justifié car il est clair que le prix du baril de pétrole a crû de 53% entre juin 2017 et juin 2018 pour atteindre un niveau supérieur à 72 dollars le baril sur le marché international.

Source : www.prixdubaril.com


Parallèlement, le déficit budgétaire enregistré au niveau des finances publiques et les pertes de recettes pétrolières substantielles affichées depuis le début de l’année fiscale donnent des arguments au gouvernement pour revoir les prix à la pompe pour combler les trous et espérer de générer un peu de ressources pour couvrir les charges et certains projets dans un contexte de très faibles supports de la part des bailleurs de fonds.

Cependant, les expériences du passé nous font craindre des grognes et des mouvements de protestation en réaction à l’ajustement des prix à la pompe. Il s’avère donc fondamental pour les autorités gouvernementales de se préparer en conséquence et de bien réussir leur communication pour arriver à établir la confiance et convaincre les parties prenantes. Les citoyens n’auront aucune difficulté à accepter des ajustements des prix du carburant quand ils auront la garantie que les gains et les recettes vont être utilisés de manière optimale pour leur bien en retour. D’où l’obligation de donner des signaux clairs en ce qui a trait à la lutte contre le gaspillage et la corruption.


Face à la dépréciation de la Gourde, le gouvernement d’abord doit faire preuve d’une plus grande rigueur au niveau des finances publiques, mais aussi et surtout de s’efforcer pour améliorer l’environnement des affaires pour attirer ainsi des investissements domestiques et étrangers plus importants, qui sont les conditions essentielles pour la rentrée de devises dans l’économie. Car tant que l’économie reste moribonde et improductive, les déséquilibres vont perdurer et les injections répétées de dollars et les autres mesures de la BRH vont continuer à se révéler insuffisantes.

sources Gregory Brandt (Chambre Franco-Haïtienne de Commerce et d’Industrie)