Comme l’exige la loi américaine sur la protection des victimes de la traite (Trafficking Victims Protection Act), le rapport TIP évalue les efforts déployés par les gouvernements du monde pour lutter contre la traite des personnes, et met en évidence des stratégies pour lutter contre ce fléau et protéger les victimes

Samedi 30 juin 2018 ((rezonodwes.com))– Dans un rapport annuel sur la Traite des Personnes communiqué le jeudi 28 juin à Washington, DC., par le Secrétaire d’Etat américain, Michael R. Pompeo, et le Conseiller du Président, Ivanka Trump, les États-Unis ont estimé que le « gouvernement d’Haïti ne respecte pas pleinement les normes minimales pour l’élimination de la traite » et ont recommandé au pouvoir en place de prendre des mesures sérieuses afin de poursuivre et condamner les trafiquants, augmenter le financement de l’aide aux victimes, développer et construire le nouveau système de famille d’accueil, élaborer des lois ou des politiques pour réglementer les recruteurs étrangers de main-d’œuvre, mettre en œuvre des mesures pour remédier aux vulnérabilités menant au restavek, etc…


Le gouvernement a déployé des efforts considérables au cours de la période considérée en fermant plusieurs orphelinats abusifs et en reconstituant son système de placement en famille d’accueil pour soutenir les victimes de la traite des enfants et réduire la vulnérabilité aux abus. Le gouvernement a également pris des mesures contre certains fonctionnaires complices; la restitution obligatoire de la victime pour une condamnation pour traite; augmenté le nombre de policiers formés; déployé sa première classe de police des frontières formée pour détecter et combattre le trafic; et une coordination et un contrôle accrus de ses efforts de lutte contre la traite.

Cependant, le gouvernement n’a pas démontré d’efforts croissants par rapport à la période précédente. Le gouvernement n’a pas poursuivi pénalement les responsables complices et n’a pas enquêté sur de nombreuses accusations de complicité officielle, y compris du procureur en chef. Le gouvernement n’a pas alloué de fonds pour ses efforts de lutte contre la traite ou ses services aux victimes et n’a pas approuvé ni mis en œuvre son plan d’action national ou ses procédures opérationnelles normalisées pour l’identification des victimes. La faiblesse du système judiciaire du gouvernement et le manque de sensibilisation à la traite parmi la police, les procureurs, et les juges ont entravé les poursuites et la condamnation des trafiquants.

Le gouvernement a fait peu pour lutter contre la servitude domestique des enfants (restavek). Par conséquent, Haïti est resté sur le niveau 2, peut-on lire dans le rapport.


Comme indiqué au cours des cinq dernières années, Haïti est un pays source, de transit et de destination pour les hommes, les femmes et les enfants soumis au travail forcé et au trafic sexuel. La plupart des cas de traite en Haïti concernent des enfants en servitude domestique (restavek) qui sont souvent maltraités physiquement, ne reçoivent aucun paiement pour les services rendus et ont des taux de scolarisation significativement plus bas. Un rapport conjoint de gouvernement et d’organisation internationale de décembre 2015 sur restavek a révélé qu’un enfant sur quatre ne vivent pas avec leurs parents biologiques et on estime que 286 000 enfants de moins de 15 ans travaillent dans la servitude domestique.

Le Secrétaire Pompeo a indiqué que les États-Unis sont profondément engagés dans la lutte contre la traite de personne, a souligné que «Le rapport sur la Traite des Personnes (TIP) de cette année attire l’attention sur le travail critique des communautés locales pour arrêter les trafiquants et fournir une assistance aux victimes. La traite des personnes est un problème mondial, mais aussi local. Les communautés locales sont un élément essentiel de la solution».


À Port-au-Prince, l’Ambassadeur des États-Unis en Haïti, Madame Michele Sison, a déclaré: «Nous continuerons de travailler avec Haïti alors que le pays est en train de finaliser un Plan d’Action National contre la Traite des Personnes. L’adoption de ce plan, combinée au renforcement de la capacité du pouvoir judiciaire à poursuivre les trafiquants, représente des étapes essentielles pour progresser dans notre objectif commun visant à mettre fin à la traite des personnes dans le monde entier».