Un billet de la rédaction

Cette confirmation, a appris Rezo Nòdwès, est mentionnée depuis le début de juillet, dans un agenda de travail de la présidente-élue de la 73ème Assemblée Générale des Nations Unies qui s’ouvre à New York, le lundi 24 septembre 2018. Dans la liste provisoire des « guest speakers » (intervenants), il est prévu que le dirigeant haïtien intervienne pour la deuxième fois à cette tribune officielle, vers la mi-journée du jeudi 27 septembre 2018. Mais comment comprendre l’éventuel déplacement du président à l’étranger au beau milieu de la reddition de comptes ?


Vendredi 7 septembre 2018 ((rezonodwes.com)).–A surveiller au passage dans le discours du président Jovenel Moise à l’ONU, le 27 septembre prochain : « J’ai pris l’engagement […] à mettre à la disposition de la Cour toutes les ressources nécessaires à la réalisation du travail d’audit sur l’utilisation des fonds Petro Caribe« . Mais la Cour, en principe va-t-elle enquêter sur elle-même et sur les principaux bénéficiaires des prêts de FDI également ? On se souvient qu’à Paris, le président avait pris l’engagement de « bloquer toute sorte de persécution politique » contre des personnes indexées, y compris lui-même, dans la dilapidation des fonds de Petro Caribe. Et pourquoi tout d’un coup ce revirementi ? Est-ce pour aller caresser les tympans d’interlocuteurs étrangers qui n’ont jamais entendu parler de #ChallengePetrocaribe ou KotKòbpetrocaribe-a?

Des millions à dépenser pour auditer sur des millions dilapidés
Tout le poids des incartades de nos dirigeants, se repose toujours sur le dos des déshérités du sort et rudes travailleurs haïtiens. Encore les contribuables rudement mis à l’épreuve. Ils doivent financer à hauteur de 27 millions de gourdes, les investigations à venir qu’entameront les membres de la Cour Supérieure des Comptes alors qu’ils sont payés tous les fins de mois (pile) pour accomplir leur tâche. Jovenel Moise a déclaré que : « Des 27 millions de gourdes sollicités par la CSC/CA pour le travail d’audit sur l’utilisation des fonds Petro Caribe, 10 millions sont déjà dégagés dans le budget rectificatif à cette fin. La balance sera décaissée à partir du mois d’octobre dans le budget du prochain exercice« .

La CSCCA, décriée, est le reflet direct de la dégradation de toutes nos institutions publiques qui ont déjà fait leur temps et ne demandent qu’à être restructurées.

Le discours du président devrait être axé sur la lutte contre la corruption alors que des gens qui ont fraudé le fisc sont nommés au poste-clef de certains ministères


Bien avant de s’envoler pour New York, pour sa probable participation à la 73ème Session d’Assemblée Générale de l’ONU, le président Jovenel Moise devrait se lancer à fond dans le dossier de Petro Caribe, question d’aller prouver au monde entier, depuis la tribune des Nations-Unies que son gouvernement lutte effectivement contre la corruption et encadre les instances concernées dans la recherche de la vérité sur la dilapidation des plus de $3 milliards de Petro Caribe.

Trois sorties médiatiques, en moins d’une semaine, et ce n’est pas les moindres, constituent le prologue de sa haute intervention à la tribune des Nations-Unies, jeudi 27 septembre 2018.

L’entretien télévisé où le professeur Wilson Laleau pleurnichait, considéré comme l’un des principaux indexés dans le dossier de détournement des fonds de Petro Caribe, tout d’abord, n’est pas le fruit du hasard, ensuite le point de presse de la Cour Supérieure des Comptes annonçant pour janvier 2019, la publication d’un rapport sur l’utilisation des fonds réclamés à tue-tête par des milliers de #Petro Caribe challengeurs. Et pour nous faire perdre dans le brouillard, un porte-parole du président, semble vouloir réorienter le dossier du vol des milliards vers une autre direction, l’Exécutif via le Ministère de la Planification.


Le président Jovenel Moise pour faire démentir les déclarations de son conseiller, Dr. Guichard Doré, a annoncé sur son compte personnel Twitter, sans publier des images, avoir « rencontré les membres de la Cour des Comptes et du Contentieux Administratif« , sans pour autant se rendre compte qu’il vient de biaiser au départ toute éventuelle conclusion d’un rapport qui se veut impartial et technique.

Une annonce qui n’est pas de nature à redorer leur blason surtout après un « arrêt de débet » contesté alors qu’aucune investigation n’est encore entamée sur le dossier y relatif.