Samedi 14 juillet 2018 ((rezonodwes.com))– La crise Haïtienne est socialement et économiquement trop complexe pour une simple solution politique superficielle de circonstance. Même avec un éventuel renvoi de l’actuel gouvernement de Lafontant, qui naturellement calmerait les esprits et ouvrirait la voie à de nouvelles perspectives, la crise systémique Haïtienne restera entière. Entre ajustements structurels nécessaires et austérité totale obligatoire, les rapports entre le politique irresponsable et l’économique injuste risquent d’anéantir le social dû.


En effet, les nouvelles sorties des autorités financières du FMI à Washington sur les récentes émeutes dans la capitale Haïtienne renforcent la compréhension des pensées les plus sceptiques face à toute approche structurelle et stratégique de résoudre la crise Haïtienne. Le FMI réitère sa position initiale en recommandant une hausse graduelle des prix de l’essence et propose des mesures d’accompagnement social trompeuses…Le Sénateur Rubio, pour sa part, instruit sur le dossier par les experts de Washington a une compréhension superficielle du dossier, relativisant les impacts de la crise sur des bases politiques, fustigeant l’incompétence politique de l’Administration Moise-Lafontant ne démontrant pas aucun sens de leadership et de timing qui pouvait préparer la population haïtienne à s’accommoder aux recommandations du FMI.

Sans ambages, les positions du FMI et du sénateur Rubio risquent de plonger Haiti dans un spiral de crises interminables. L’entêtement des acteurs internationaux dans de quelconques solutions académiquement formatées ou empiriquement discernées constitue en conséquence la principale menace à une concrète et effective réponse à la crise. Haiti est un pays spécial à économie précairement construite, un Etat politiquement à gouvernance folklorique et une population martyrisée, qui socialement nécessite des approches ou considérations financières exceptionnelles capables de transcender les clivages historiques entre nantis et démunis.


De ce fait, toute solution politique d’urgence sur le court terme ne fera que masquer le prochain drame Haïtien. La complexité de cette crise socio-économique trouve malheureusement racine et origine dès la création de la République: Faible taux de répartitions de richesses, participation et intégration sociale mitigée, constante précarité et inégalités féroces ont été toujours l’essence du décor chaotique du mal socio-économique Haïtien. Le rapport aberrant entre commercialisation d’importation des élites et participation de ménages appauvris dont la majorité condamnée dans la production agricole de subsistance traduit tout le déficit des moyens de production pouvant générer une économie rentable et équitable. Le mépris des élites à l’égard de la production nationale et absence totale d’investissement social dans le capital humain Haïtien expose toute la réalité de cette crise systémique.

En toute logique, suppression de privilèges tant au niveau du politique que de l’économique est totalement de mise. L’austérité efficace et juste doit être d’abord entreprise dans les milieux élitiques gouvernementaux et commerciaux avant d’être équitablement imposée aux couches défavorisées. La dette publique ne peut être nullement ce continuel fardeau au poids inique imposé exclusivement à une population appauvrie supportée par la diaspora et l’international. Hors mis les diverses autres sources financières telles la contrebande, les excessives franchises douanières et l’exonération abusive de taxes que l’Etat Haïtien peut tirer des recettes; Une vraie et transparente réforme fiscale et de justes procès de reddition de comptes allégeraient la dette publique et contribueraient inévitablement dans la reconstruction morale d’une nouvelle Haiti responsablement gouvernée au niveau politique, économiquement forte et équitable, socialement juste et humaine.


Au delà de tout dictact international structurellement temporaire et de toute réforme fiscale et judiciaire que pourrait initier un gouvernement démocratiquement légitime et populaire, la complexité de cette crise systémique réclame un [rêve social Haïtien] politiquement accepté par toutes les classes sociales et un plan marshall stratégiquement financé par l’intermédiaire d’investissement direct étranger massif pour la création de richesses, le développement économique et du bien être du peuple Haïtien.

Gumais Jean-Jacques, AvMP
jjgumais@gmail.com