par Bobb Rousseau

Si les candidats vous ont payé à l’avance pour vos votes, pourquoi pensez-vous qu’ils vous doivent quelque chose une fois élus ? Le cycle se répète à chaque élection et continuera à se répéter tant que la minorité morale ne sorte pas de son silence

Mardi 14 août 2018 ((rezonodwes.com))– L’Haïtien n’a pas le gouvernement qu’il mérite. Il a plutôt le gouvernement que la minorité honnête lui impose. En fait, c’est le désintéressement aigu de cette minorité à la crise politique haïtienne qui donne ce type de gouvernement – violeur des droits humains les plus indispensables.


La réluctance de la minorité à s’intégrer dans la politique laisse un vide qui est comblé par des hommes qui deviennent politiciens pour se désennuyer ou pour se frayer une fortune au détriment de ceux qui croient éperdument en l’Haïti de demain. Espérer des résultats positifs d’eux est une idée déraisonnable puisque, durant toute leur existence, ils ne furent que de mauvais citoyens qui ne jouissaient d’aucune réputation morale dans leur communauté. Pour certains de ces politiciens ad hoc, la politique est un investissement alors que pour d’autres, elle est une application d’emploi alléchant où aucune qualification n’est nécessaire pour décrocher des postes de belles notoriétés. Ce problème existe à tous les niveaux du gouvernement, spécifiquement dans les circonscriptions les plus vulnérables du pays.

Dans cette conjoncture actuelle, cette minorité est encore à se sortir sur la touche ou de sa zone de confort pour se fortifier, entre autres, apporter son soutien sur le choix des candidats dans leur communauté. Elle devrait s’organiser en Collège d’Electeurs aux fins de choisir des candidats pouvant représenter ou voulant représenter la circonscription. L’essentiel serait que nul ne déclarerait sa candidature sans qu’il n’ait été choisi ou reçu l’endossement de cette minorité morale. Le travail de la minorité serait organisé à huit clos pour que même ceux qui seraient ballotés et plus tard, choisis, n’en sauraient pas.


Ce serait une procédure de vérification, de tamisage et d’élimination qui empêcherait que n’importe qui, se porte candidat et que les candidats choisis seraient aussi honnêtes que ceux qui les auraient choisis. Le choix des candidats serait basé, pas seulement sur leur implication dans le social, mais aussi sur le changement social positif que leur social a généré ou pourrait générer. Le Collège d’Electeurs ferait en sorte que pas plus que deux personnes se portent candidats pour les postes législatives et pas plus que deux cartels s’affrontent pour les joutes municipales.

On verrait, à cause de ce système de vérification, de vrais militants et professionnels honnêtes participer aux élections au lieu de voir quelqu’un se déclarer candidat juste parce qu’il a de l’argent ou juste parce qu’il peut écrire son nom. Au finish, la minorité fera l’analyse que le peuple n’est pas assez éduqué à faire. Un élu désireux de briguer un deuxième mandat aurait pour obligation de présenter à la minorité un dossier de ses réalisations pour être ré-balloté contre de nouveaux ou d’anciens candidats sans la garantie qu’il serait autorisé à être candidat une autre fois. Même s’il aurait été accepté à retourner comme candidat, il irait aux élections contre deux nouveaux candidats ou cartels choisis aussi par la minorité.


L’Haïtien aura par ainsi, avec la participation de la minorité, le gouvernement qu’il mérite parce que les personnes qu’il irait voter auraient déjà des crédits de rue avec la population qu’ils représenteraient.

Bobb RJJF Rousseau, PhD
Public Policy and Administration
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