Les prix des produits de première nécessité flambent. La faim gagne du terrain. Les centres hospitaliers sont en très mauvais état. Le béton gronde et demande des comptes sur une dette que les citoyens auront à restituer au Venezuela durant les 25 prochaines années. Le pouvoir n’en a cure et prévoit d’affecter la plus grande partie des taxes payées par la population au service de la dette 

Port-au-Prince, dimanche 2 septembre 2018 ((rezonodwes.com))– Pour le docteur en économie, Eddy Labossière, le pouvoir Tèt Kale 2 est en train de commettre un véritable crime en faisant du paiement de la dette sa première priorité.


« Dans le Budget 18/19 la Dette représente 14% du Budget, loin devant l’agriculture 6,5 % l’éducation 12% la santé 7%. Donc payer la dette devient la première priorité du gouvernement, c’est donc un crime. Il faut saisir les biens des dispensateurs de Petro-Caribe pour payer cette dette », a publié sur Twitter le président de l’Association des Économistes haïtiens.

Par contre, durant les vingt deux mois de campagne électorale de l’actuel président haïtien, le paiement de la dette d’Haïti envers ses créanciers internes ou externes n’a jamais été une de ses préoccupations.

Ce dossier, d’ailleurs, n’a jamais été abordé par le dauphin du président Michel Joseph Martelly, qui s’est contenté de vendre son slogan « Nèg Bannann nan » en promettant, comme tout programme qu’il allait mettre ensemble, les gens, le soleil, la terre et l’eau afin de mettre de la nourriture dans les assiettes et de l’argent dans les poches du peuple.


Mais, une fois arrivé au timon des affaires, tout a changé. Le nouveau président a montré qu’il accorde beaucoup plus d’importance à faire plaisir aux créanciers d’Haïti en augmentant les taxes et les prix de l’essence afin de trouver assez d’argent pour payer la dette publique dont plus de 85% provient des dépenses effectuées dans les fonds du programme Petro Caribe.