par Kerlens Tilus

Mardi 4 septembre 2018 ((rezonodwes.com))– Ce qui est aussi intéressant que contradictoire dans le dossier Petrocaribe, c’est que les responsables suspectés d’avoir dilapidé les fonds sont plus sidérés de la réaction de la population qui exige la reddition des comptes que la vaste gabegie et crime financier dont ils se seraient rendus coupables. Ils sont tellement habitués à se vautrer dans la corruption et de voir la population la digérer bêtement en bon enfant que cette soudaine levée de bouclier les laisse pantois.


Mais ils ont oublié que cette génération a accès à l’information, qu’elle observe comment des ministres européens ou d’ailleurs prennent sans broncher le train paient eux-mêmes leur taxi, vivent sans luxe ostentatoire alors qu’ils sont efficients et méritent vraiment de leur patrie. Cette jeunesse est écœurée par cette puanteur cette odeur fétide que dégagent ces dirigeants sans plan sans vision pour les générations futures et qui ont la frénésie de réduire ce pays en lambeaux. Si la justice haïtienne est trop vilipendée ou réduite à néant par ceux-là même qui ont dilapidé les fonds de petrocaribe afin de s’assurer qu’elle sera inapte à dire le mot du droit à leur encontre, les Haïtiens devront se tourner vers la cour interaméricaine des droits de l’homme.

Il est un principe en droit international qui veut que l’on ait épuisé toutes les voies de recours internes avant de saisir une cour régionale ou internationale, mais dans ce cas-ci l’on peut créer un précédent, un cas d’école si l’on démontre que la cour supérieure des comptes est inefficiente et à la solde des corrupteurs et que la justice de droit commun, malgré de nombreuses plaintes n’est pas parvenue à démontrer une velléité sérieuse quant à la conduite d’une enquête sérieuse qui dénotera des faits constants vérifiables exacts capables de conduire les présumés coupables au procès. Alors la Cour Interaméricaine des Droits de L’homme devra se déclarer compétente pour traiter du dossier, le déclarer recevable et se prononcer.

En dehors du dossier Petrocaribe, il y a un autre dossier assez important qu’on doit dénoncer et dont presque personne ne parle. C’est le décret du 7 Janvier 2016 avec 111 articles où l’administration de Martelly remet le contrôle de l’Ile de la Gonâve à une entité financière afin d’établir « Gonâve Island Financial Center ». Des voix se sont élevées dans l’opinion publique depuis le 7 Janvier 2016 pour dénoncer cette concession illégale et inconstitutionnelle d’une partie du territoire national. Récemment, la Banque de la République d’Haïti a lancé un appel d’offres pour une firme qui devra faire des études relatives à Gonave Island Financial Center. Nous nous demandons bien si le parlement haïtien ne va pas intervenir dans ce dossier vu que la mesure prise par Michel Joseph Martelly était tout à fait illégale et inconstitutionnelle. Le 11 Septembre sera la date butoir de l’appel d’offres et rien n’indique que des actions sont prises pour invalider ce décret illégal.


D’aucuns pensent que cette affaire de Gonave Island Financial Center est un effort fait pour blanchir l’argent du petrocaribe volé. Les Haïtiens doivent rester en alerte pour supporter la population gonavienne face à l’agression des prédateurs. Où sont les constitutionalistes de ce pays ? Où est le président de la Cour de Cassation ? Où sont les acteurs de la société civile ? Dans un article publié par Dady Chery et l’ancien député Beguens Theus, il est dit que Michel Martelly a été pressuré de prendre le décret pour protéger son fils Olivier qui était mêlé à une histoire de drogue. Aujourd’hui, il me semble que nous avons les mains liées. Les Habitants de l’Ile de la Gonâve vivaient paisiblement sur leurs terres et voilà qu’un groupe de mercenaires essaient de les déposséder de ce qui est vital pour eux. Qui va voler au secours des habitants de l’Ile de la Gonâve ?

Nous ne devons pas être dupes. L’argent du petrocaribe volé par les anciens dirigeants est en Haïti. Ils trouvent à présent des moyens pour blanchir cet argent et passer inaperçu par devant les instances internationales. Le petroréveil doit nous amener à prendre conscience de ce qui se passe par rapport à l’Ile de la Gonâve et nous battre pour protéger notre territoire. Les petrovoleurs ont bien travaillé leur plan et ils n’attendent que le moment propice pour l’exécuter. Ce que j’aimerais dire aux responsables du Petrocaribe Challenge est que l’affaire Petrocaribe est étroitement liée à la vente de l’Ile de la Gonâve. Le Petrocaribe Challenge ne pourra être seulement un simple mouvement pour demander où est passé les fonds du Petrocaribe.

Il doit aller au-delà d’une simple reddition des comptes. Nous devons chambarder ce système. Si nous ne travaillons pas pour un changement de système, demain il y a aura un autre scandale plus ahurissant. Les petrovoleurs ne chôment pas, ils cherchent toujours des moyens pour tromper la vigilance de la population. Les petrovoleurs n’agissent pas seul et ils ont le bras long. Nous devons les acculer et les porter à expérimenter la petrophobie. L’argent du petrocaribe est entre leurs mains, ils doivent le restituer. Les petrovoleurs sont astucieux, ils croient que la mobilisation contre eux est financée par une main cachée. Ils refusent de comprendre que le peuple est conscient qu’il soit victimisé et qu’il doit se défendre contre eux.

Nous devons accentuer sur la mobilisation, car les petrovoleurs sont résistants. Ils croient que le peuple est zombifié, ils croient que les jeunes ne sont pas assez responsabilisés. Ils nous prennent tous pour des canards sauvages, alors que nous avons la capacité de raisonner et de choisir le bien du mal. Nous ne savons pas exactement le montant qui a été dilapidé, mais ce que nous sommes sûrs c’est que le montant déboursé et qui a été alloué à des projets n’a pas été dépensé. Aux petrovoleurs et à ceux qui se demandent où est-ce que les jeunes trouvent de l’argent pour faire des banderoles et des maillots, c’est mal connaitre la jeunesse et c’est mal connaitre son dynamisme.


Ce n’est pas sans raison qu’on dit que la jeunesse est l’avenir du pays. Les petrovoleurs croyaient en choisissant de ne pas doter le pays de bonnes universités d’Etat et des centres professionnels viables, les jeunes allaient agir comme des zombies en s’ignorant et en ignorant tous les forfaits dont ils sont victimes. Messieurs et dames petrovoleurs, c’est mal connaitre les jeunes de mon pays qui ont une capacité de résilience à nul autre pareil. La résistance continuera jusqu’à ce que ceux qui sont placés pour organiser le procès petrocaribe se décident à l’organiser. Nous n’allons pas baisser les bras. Nous continuerons avec le petroréveil, la petroconscientisation est déjà au rendez-vous et les petrovoleurs doivent avoir la petrophobie. Nous ne voulons pas de mal pour eux, nous voulons juste qu’ils restituent l’argent et qu’ils se résoudent à marcher dans le droit chemin et à changer de métier, car le vol est condamnable.

Je dis à tous ceux qui ont de l’entendement que le dossier Petrocaribe ne finira pas dans les tiroirs de l’impunité. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir de porter le gouvernement américain via le Federal Bureau of Investigation (FBI) de porter un regard sur ce dossier. Les petrovoleurs ont volé l’argent du Petrocaribe sciemment et en connaissance de cause. Ils croyaient que ce vol allait passer comme une lettre à la poste. Eh bien, nous leur disons que c’est bien compté, mal calculé ; ce dossier aboutira et servira de leçon pour tous ceux qui croient que les fonds du trésor public peuvent être dilapidés sans conséquence. Nous cherchons présentement des compatriotes qui veulent signer une lettre de groupe pour alerter le FBI sur ce dossier. Un groupe a déjà exposé les faits, mais il est bon et bien de rappeler au gouvernement américain qu’il n’y a aucune velléité de la part de l’administration en place en Haïti de faire la lumière sur le dossier Petrocaribe.

Nous avons une réponse pour les faux patriotes qui disent déjà pourquoi devons-nous faire appel à l’étranger pour régler un problème interne. Le vol du Petrocaribe est un crime contre l’humanité. Les petrovoleurs ont des ramifications dans le monde entier. Haïti comme pays appauvri ne peut pas mener ce combat seul, il faut l’apport d’une institution fiable et viable comme le FBI. Je suis sûr que si Dessalines était vivant, il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour traduire les petrovoleurs par devant la justice. Nous ne devons pas être intimidés. A chaque fois qu’un régime vient et dilapidé des fonds publics, on laisse les voleurs filer pour aller se la couler douce. Ainsi, depuis plus de cinquante ans, aucun leader haïtien, ni des grands commis de l’Etat sont jugés pour corruption alors que le pays est consommé par la corruption.

Nous devons agir dans la sérénité et nous devons frapper toutes les portes qui doivent être ouvertes pour rendre possible le procès Petrocaribe. Il en va de l’avenir d’Haïti, il en va du futur des jeunes et des enfants. Il en va du bien-être de tous les Haïtiens. Nous restons confiants que les petrovoleurs seront poursuivis. Nous n’avons juste qu’à agir : organiser des sit-in et des marches pacifiques un peu partout dans le pays et dans la diaspora. « Le peuple soupçonne son gouvernement pour avoir négligé de prendre ce dossier au sérieux. On le considère être de connivence avec les indexés, donc la crédibilité de son administration a dû beaucoup souffert.

Comme conséquences, des partenaires potentiels tels que la Banque Mondiale, le FMI, les pays donateurs, les bailleurs de fonds, devraient questionner la stabilité d’un gouvernement qui semble enveloppé dans une nuée de corruption avant de procéder à transacter financièrement avec lui –à moins que la crédibilité ne soit pas le souci de telles institutions. Et qui sait, le feu de l’indignation populaire peut emporter ce gouvernement de but en blanc. Aujourd’hui, pendant que la tige brûle dans le bâton de dynamite, que le président saisisse l’opportunité de l’éteindre, qu’il garde son sang-froid et qu’il se décide à assumer sa responsabilité et à agir vite. Le peuple idiot et barbare qui vous a élu, M. Jovenel Moise, réclame le jugement des présumés coupables et la restitution du fonds Petrocaribe. » Quand le peuple s’engage dans le petroréveil et la petroconscientisation, les petrovoleurs ont la trouille et la petrophobie.

Kerlens Tilus 09/03/2018
Futurologue/ Templier de Dieu/ Écrivain
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